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VISITE : le GAEC DU THICAUD

  • il y a 3 jours
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 10 heures


au magasin de meylan : fromages : herbyere, bleu, raclette fumée et cendrée, st barnard

Jeudi 26 mars, nos magasins ont baissé le rideau toute la journée pour que 9 larron·es de La Bonne Pioche puissent (entre autre) se rendre dans les hauteurs de Grenoble : direction Herbeys pour aller à la rencontre de l’équipe du GAEC du Thicaud.


Notre Citiz arrive sur place aux alentours de 10h et dans un Herbeys tout enneigé !



Nous sommes accueilli·es par Camille, une associée du GAEC qui nous propose de faire un tour de la ferme. Bonnets sur la tête, gants enfilés, bottes aux pieds et doudounes chaudes sur le dos, nous la suivons ! Sur le terrain, 40 porcs, 45 vaches de traite et 80 avec les jeunes cohabitent tranquillement. Nous passons tout d'abord saluer les cochons !


Ensuite, Camille nous fait visiter la salle de traite, tout en nous présentant l'activité du GAEC et le quotidien de l'équipe.

Elle nous explique que la ferme transforme tout le lait que le troupeau produit, environ 260 000 litres par an, soit 30 litres par jour, par vache ! Wahou !

La traite prend 1 heure en elle même, mais en temps réel c'est plutôt 2h-2h30 au total de travail, et ce deux fois par jour.



Nous passons par la suite de la salle de traite à l'étable où nous cheminons entre les vaches. Ici, 120 hectares de champs leurs sont dédiés, et ces derniers sont attenants à l'étable, ce qui facilite grandement la gestion du troupeau !

Habituellement, les vaches sont dehors de mars à décembre. Bon, contre exemple aujourd’hui puisque, bien que déjà sorties depuis plusieurs jours, les vaches se sont vite faites rapatriées à l’intérieur en raison de la météo soudainement fraîche ! Pas folles les vaches. Normalement à cette époque, elles sont donc jour et nuit dehors.


Ces vaches là sont des Montbéliardes. Et bien que celles-ci soient « les plus rustiques des intensives », Marion, la responsable des troupeaux a proposé récemment de venir apporter davantage de rusticité avec des races type Abondance ou Normande. Affaire à suivre !


Mis à part les veaux qui sont nourris avec le lait des autres vaches, le troupeau est nourri principalement au foin de qualité, produit et stocké sur place. Camille nous fait découvrir l'installation d’une soufflerie pour avoir du foin « en vrac » (et ça on aime bien ;)). Ici, pas de meule ni de ballot, le foin est davantage aéré et donc de meilleur qualité. Notre hôte nous explique qu'il n'y a pas de taureau à la ferme car cela engendre trop de contraintes pour eux et elles. Les vaches sont donc inséminées.


En parallèle aux hectares dédiés au pâturage, la ferme gère aussi 25 hectares de cultures (sarrasin, orge, avoine...).

Le GAEC fonctionne aussi pour son activité, comme d'autres de nos producteur·ices, en CUMA afin de mutualiser les outils et machines de travail avec les agriculteur·ices du coin !



Depuis octobre, l'équipe est heureuse de pouvoir travailler dans la toute nouvelle fromagerie ! 3 ans de travaux auront été nécessaire pour faire sortir de terre ce bâtiment flambant neuf, qui a été construit notamment par quelques membres de l'équipe, anciens charpentiers !

Le gain est conséquent pour tout le monde, notamment au niveau du confort gagné et des conditions de travail grandement améliorées. Et de fait, cela joue aussi sur l'amélioration de l'efficacité et donc de la productivité de la ferme.

En sortant, Camille nous fait lever les yeux pour apercevoir le lactoduc, passerelle reliant l’étable (bâtiment historique) à la nouvelle fromagerie. Ainsi le lait récoltée de la traite va directement et automatiquement vers la fromagerie où il est récupéré, conditionné pour être ensuite revendu (en vrac sur les marchés !!) ou transformé. Ingénieux !


Ce n'est pas à contre cœur que nous suivons Camille à l'intérieur de ce fameux bâtiment pour nous réchauffer, entrer dans leur salle commune et s'installer autour de leur belle et grande table en bois.

Après une tasse de café, Camille nous fait un petit topo sur l'historique de la ferme.



C'est donc, comme la plupart des fermes, une histoire familiale qui est à l’origine : anciennement «Ferme COCHET », celle-ci appartenait à la famille éponyme, une mère et ses trois fils.

Créé en 1979, il y avait au début 4 associé·es qui se consacraient à la production de lait, de yaourts et de fromages. Puis au fil des ans, de plus en plus d’associé·es sont arrivé·es, le troupeau s'est agrandi, l'activité s'est faite plus variée et le projet s'est concrétisé : toujours mettre le collectif au cœur de celui-ci.


Nous sommes ensuite rejoint·es par Rémy, qui prend le relai de Camille et qui se prête également au jeu de nos questions-réponses. Et c'est donc maintenant leur fonctionnement que nous souhaitons connaitre, leurs modèles de décision, les problématiques de gouvernance, etc...


Le GAEC du Thicaud compte sur plusieurs sources de revenus :

  • Vente dans 4 marchés de la région : Europole, Hoche, Meylan et Tavernolles. Dans ces marchés, la vente du lait en vrac est une vraie demande et elles et ils écoulent comme ça beaucoup de leur production !

  • Certains de leurs produits sont distribués en AMAP.

  • Elles et ils sont également présent·es dans certains magasins du coin, chez nous évidemment, mais aussi dans le magasin de produits locaux du village : Herbe et Coquelicot.


L'équipe est constituée de 8 associé·es (deux femmes, et cinq hommes) dont deux descendants de la famille Cochet. Tous et toutes entre 35 et 55 ans.

Chaque pôle d'activité est géré par un ou deux responsables :


  • 2 responsables fromagerie : Rémy et Bruno

  •  1 responsable troupeau : Marion

  • 1 responsable charcuterie : Gilles

  • 1 responsable cultures : Laurent,

    Et certaines personnes sont des « couteaux suisses » : notamment Camille et Remy qui sont plus mobiles et plus polyvalent·es et peuvent donc prendre le relai et/ou prêter main forte sur d’autres ateliers.


Chaque pôle fonctionne en binôme ou en trinôme pour que chaque atelier puisse être assuré si absence d’un·e responsable.

Pour ce qui est de la communication interne, Rémy nous explique que deux fois par semaine, tous et toutes, associé·es comme salarié·es mangent ensemble un repas préparé par l'un ou l'une d'entre eux, préalablement désigné·e. Cela est très important pour la cohésion d'équipe mais également important pour faire échanger ou faire passer quelques infos.


Une fois par semaine, ce sont les associé·es qui se réunissent à cette même table suite au repas pour faire une réunion où les concerné·es s’échangent infos pratiques, questionnement et tout autres sujets de fond.


Rémunérations, mode de décision et gouvernance, formations, charte de structure et d'associé·es, façons de communiquer en interne, gestion des horaires et des plannings, transparence et horizontalité... il est toujours inspirant pour nous d'échanger avec d'autres structures aux problématiques et enjeux similaires aux nôtres, d'interroger nos modes de fonctionnement, de creuser et de comparer, tout en ayant conscience et en mesurant les différences entre nos deux structures (taille, conditions de travail, saisonnalité...).


Rémy aborde ensuite les projets futurs de la ferme et des envies qui se font sentir : leur implication dans les questions de SSA (Sécurité Sociale de l'Alimentation), notamment avec le soutien à l'association « 100 patates » et l'envie de développer l’atelier charcuterie.


Nous demandons également à Remy quels sont les différentes menaces et enjeux qui pourraient peser sur l'activité de la ferme et quelles sont leurs positions face à ces potentiels risques :


  • Enjeux financiers : pas d’inquiétudes directes. Chacun et chacune est ok avec leur rémunération et surtout la ferme n’a pas de dettes. Et surtout, ils et elles mesurent la chance que la ferme a de vendre des produits à leurs prix, à celui qu'ils et elles considèrent juste, sans négociation de la part des distributeurs.

  • La sécurisation des terres : principal enjeux pour la ferme. Par tradition et habitudes dans le monde agricole, beaucoup de baux sont conclus à l'oral (15% à 20% de baux oraux). Il s'agit donc ici pour le GAEC d'une volonté de sécuriser et de pérenniser ces derniers pour éviter tout risque. Il n'y a pas par ailleurs de volonté de devenir propriétaire, ce qui pour Rémy n'est pas du tout avantageux.

  • Le manque d'eau : qu'ils et elles ont évidemment en tête même si pour le moment la menace n'est pas encore vraiment présente.

  • Le réchauffement climatique : la ferme n'est pas exempte de la hausse des température. En plus du confort de l'équipe et celui des bêtes cela a une grosse conséquente potentielle sur la quantité et la qualité du fourrage. Ils et elles ont pour projet d'essayer le sorgho, qui est une céréale d'origine africaine.


Le jeu des questions-réponses se termine et les conversations continuent en off, autour d'un délicieux repas préparé par Laura, une des 4 salarié·es et en compagnie de toute l'équipe du GAEC !


Nous laissons les associé·es à leur réunion hebdomadaire, mais pas avant d'avoir visité le fameux et nouveau bâtiment ! Gilles nous fait donc la visite de la salle de récupération et de conservation du lait reçu après son passage dans le lactoduc, la fromagerie, les caves où les meules sont stockées, des chambres froides, et même la salle de charcuterie (découpage, préparation...).



On repart, sous la tempête de neige et congelé·es mais bien inspiré·es par de belles conversations, riches de ces rencontres, le ventre bien rempli, fier·es de travailler avec cette équipe et impatient·es de vous parler de leur quotidien !



Visite producteur·ices 2026, le 26/03/2026

Elsa, Florian, Jérôme, Julia, Julie, Léa, Margot, Matthias et Rodolphe.

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