Visite Producteur : LA FERME CHIMBAUD
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Samuel Liegois – Empurany - Nozieres (07)
Au magasin : petits fruits, légumes, châtaignes, sirop de châtaigne, soupes châtaigne, ratatouille et légumes couscous en bocal
Alors là, on vous prévient on est sur une visite non conventionnelle et un producteur ovni !
Samuel nous reçoit sur ses parcelles à Empurany.
3 hectares et demi (peut-être 4) de châtaignes 2000m² de prunes 4000m& herbes et maraîchage
On suit les pas de cet ancien prof de physique-chimie (qui avait, avant sa coupe de cheveux « tous les aspects requis à ce poste ») jusqu’à ses premières parcelles perchées à 700m d’altitude.
Première impression : le bonhomme a une conception du métier très belle mais aussi très déstabilisante car bien différente de ce que l’on a l’habitude de côtoyer. Ici aussi l’instinct est maître !
Samuel lance son début d’activité 2020. Coucou le Covid ! Bon dans cette histoire là, la situation a été profitable à Samuel car il a pu prendre le temps de soigner son projet, de le préparer. Au début le projet est de se concentrer sur les plantes médicinales et leur transformation en tisanes, en gelées, ou en sirops. Samuel cultive environ 40 types de plantes dites « médicinales ».
Puis de fil en aiguille, Samuel récupère les châtaigniers de ses beaux parents. Force est de constater que l’agriculture est très souvent une affaire familiale ! Aidé par des gens du coin, grâce à du bénévolat ou de l’échange de bon procédés
Les principales difficultés rencontrées ; évidemment les aléas climatiques. Entre manque d’eau et lutte contre la grêle c'est cette dernière qui est le plus redoutée car ses parcelles y sont très exposées car situées dans un « couloir de grêle » ! Il pose alors sur certaines cultures des filets – assez légers en première impression. Et quand on lui demande si cela suffit il nous répond avec une moue amusée « on va dire que ça fait l’affaire pour les petits grêlons » !
Samuel cultive aussi des fruits et légumes, pas ici mais sur d'autres parcelles connexes à sa maison de famille. On ira les visiter plus tard...
Maraîchage, plantes aromatiques, petits fruits (prunes, raisins) et châtaigne, on peut dire que Samuel ne met pas ses œufs dans le même panier : il favorise la diversité au volume ! Business model bien rodé ? Pas du tout ! Samuel nous explique qu’à la base, il produit pour sa propre consommation et pour celle de sa famille. Et le reste, il s’est mis à le vendre !
Que son flegme et ses commentaires ne vous trompent pas : notre hôte est un sacré bosseur ! Aromates, fruits, châtaignes, légumes, il est quasi tout seul à tout gérer, sauf d’avril à octobre où une personne l’aide, un jour par semaine, grand luxe !
Et il transforme également sa production ! Pendant la saison des châtaignes (d’octobre à juin), il peut travailler jusqu’à 15h par jour. Sinon c’est plutôt une dizaine d’heure par jour et même 8 dans la période calme (janvier - février). Aujourd’hui il essaie de se dégager de plus en plus de weekends, ce qui n’est pas facile à lier avec les besoins de commercialisation. Il vend sur des marchés estivaux (Lamastre), des Marchés de Noël (Minimistan, Foire au miel de St Egrève) et à Méaudre. Ses produits se vendent aussi dans un magasin de producteur·ices à Lamastre, dans quelques magasins à Gre (La Charette bio, Ptit ravito, L’Equytable, Au local... ) et dans deux autres magasins de producteurs à St Félicien et Bourg de péage.
Samuel ne ne se dégage pas de salaire, comme la plupart de nos maraîchers et producteur-ices d’ailleurs. Mais il n’est pas inquiet, il n’a pas forcement besoin de plus pour bien vivre. Il a d’ailleurs une vision très... instinctive de la gestion financière !
« ça ne me fait pas gagner plus de savoir combien je gagne ».
Oui là, on peut voir certains cerveaux de l’équipe pédaler et même commencer à fumer !Il trouve son équilibre, comme ça, il est heureux. Il ne cherche pas la productivité et la rentabilité à tout prix ! Et ca se voit, ses parcelles sont propres mais un poil... en vrac, il y a de la vie là bas ! On est surpris par ce personnage et en même temps, il émane de notre producteur une grande confiance et une sérénité assez convaincante et entraînante. On se verrait bien, pour certain-es, tout plaquer et aller essayer de planter des trucs avec lui et voir si ca marche ! »
« Là j’ai essayé de planter des vieux semis de carotte, je savais que ca n’allait pas marcher mais bon ! »
On a perdu Mat sur celle-ci...
Côté production, il est à environ 300 bocaux par an pour sa consommation familiale. Mais non, pas que de la ratatouille ! Aussi des bocaux de châtaignes, de mirabelles en sirop, de légumes couscous, des soupes... Pour les pros, il est à (environ, on vous a dit qu’il n’était pas un fan de compte) 200 bocaux de ratatouilles et 400-500 bouteilles de soupes !
Samuel nous explique qu'il a son propre motoculteur, mais partage un tracteur en CUMA, cette structure qui permet de mutualiser les engins agricoles entre agricultureur-ices.
Allez, en voiture ! Accompagné d’Elsa et de Luc, notre agriculteur punk nous convie à le suivre pour le reste de la visite !
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Premier arrêt, tout le monde descend ! Samuel s’arrête au bord de la route pour nous montrer son vergers de pruniers et de mirabelliers.
Son beau père a planté ça il y a 20 ans pour sa gnôle perso
Prunes noires et mirabelles, qu’on s’empresse de cueillir et de goûter, conscience professionnelle oblige évidemment. C’est un délice !
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Zou, c’est reparti ! Cette fois la route traverse une belle forêt et c’est notre prochaine étape : ses parcelles de châtaigniers.
Il règne dans cette forêt traditionnelle une ambiance assez mystique. Ces arbres sont pour la plupart vraiment immenses ! Samuel nous explique que certains de ces châtaigniers ont entre 200 et 300 ans ! Si jamais celui-ci s’est baladé dans le coin, peut-être que certains ont pu même côtoyer Louis XVI ;).
Ce gros pépère là bas a 300 ans !
Les châtaigniers représentent un boulot ponctuel mais assez conséquent et physique notamment avec les tâches d'élagage et de récolte.
Pour la récolte, Samuel a besoin de 2 personnes supplémentaire afin d’aller vite. Vite, car depuis plusieurs années, ce dernier a remarqué que le sol s’est considérablement réchauffé. Or, avant, les châtaignes tombées au sol pouvaient rester sur un sol plutôt froid pendant plus d’une semaine sans moisir, cela avait même un peu effet de conservation. Maintenant c’est fini, le sol est trop chaud pour les garder intact...
Auparavant nous ramassions en pull et vestes, maintenant nous sommes en t-shirt, à la limite en manches longues !
Nous sommes curieux-ses de savoir comment fait-on pour ramasser ces châtaignes, nous ne sommes pas des experts connaisseurs mais ça nous parait compliqué de secouer ces géants pour faire tomber les bogues ! Certes. Samuel nous explique que pour les ramasser, il place avant les premières chutes, un filet qu’il tapisse partout sur le sol sous les arbres. De façon naturelle, les bogues vont tomber sur ce filet. Et comme ces arbres sont sur un terrain très pentu, les filets vont être secoués en amont pour que toutes les châtaignes dégringolent en bas de la pente. Ingénieux !
Ensuite, un engin ramasse les bogues et les châtaignes en les aspirant, recrache les bogues d’un côté grâce à un système de ventilation (de l’air qui est soufflé par le bas vers le haut, les blogues plus légères sont recrachées) et stocke les châtaignes.Après avoir visité tant de producteur-ices on est toujours ébahies devant l’ingéniosité de ces engins spécialement imaginés et conçus pour réaliser à chaque fois une tâche très précise et très particulière ! Ce qui n’est pas aspiré est ramassé ensuite à la main.
Une fois récupérées, les châtaignes sont trempées 9 jours dans de l’eau puis séchées et ventilées pendant 8 jour dans des caisses empilées. De temps en temps Samuel vient les secouer pour ventiler davantage.
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Allez, on remonte en voiture et nous prenons la direction de sa maison où se situe ses parcelles de maraîchage.
Partout, il y a des plants, de tomates, des vignes, des amandiers (pour sa conso personnelle), quelques arbres fruitiers... Samuel est vraiment multi casquettes, et on ne peut que remarquer que sa vie professionnelle est vraiment imbriquée dans sa vie perso : il favorise toujours sa consommation perso, vend les « excédents », il se chauffe l’hiver avec les chutes des châtaigniers élagués...
Comment gérer le réchauffement climatique ? Hormis la grêle, il adapte son horaires et son temps de travail, il alterne entre les champs le matin et l’après midi en transfo, il joue aussi avec l’orientation de des cultures pour se préserver des grandes chaleurs.
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Samuel nous rémbarque pour une dernière destination : Nozière, un très joli village perché de 200 âmes !
« D’ici, par temps clair, on peut voir le Mont Blanc et le Mt Ventoux »
Ici se trouve le laboratoire collectif qu’il utilise « Les paysannes rient ! ». Ce joli local qui abrite l’atelier n’est pas le seul dans le paysage, il fait partie d’un lieu atypique, une petite zone artisanale rurale avec plusieurs gros bâtiments en bois, très beaux. Ils sont en fait plusieurs à se partager ce grand terrain en SAS : ici une scierie, là un atelier métallurgie, un menuisier, une compagnie de théâtre, une entreprise de couture industrielle, un naisseur et engraisseur de cochon ou encore un charpentier ! Waouh, il y a de la compétence ici !
En ce qui concerne l’atelier de transfo, ils sont 8 associés paysans à se le partager en SARL. Il aura fallu un chantier collectif pour construire celui-ci, avec de l’aide et des bénévoles !
On était très curieux de savoir comment faire de la crème de châtaignes ! Alors Samuel nous ouvre les portes et nous fait la visite, il nous montre le processus en partant de l'arrivée de la châtaigne jusqu’à son pot.
En gros, la châtaigne passe dans une éplucheuse, où elle est chauffée puis grattée. Ici, le plus gros de la peau tombe alors que les châtaignes continuent leur route jusque dans une cuve où elles se mettent à tourner et sont frottées en même temps grâce aux bords de la cuve équipés de matières grattantes. Un jet d’eau chaud aise aussi à retirer les dernières traces. Une fois complètement nettoyées, elles sont ensuite déposées sur un tapis et tout y est trié une nouvelle fois à la main.
Samuel nous montre l’autoclave à vapeur pour stériliser ses bocaux. Celui-ci est horizontal, ce qui, déjà est plutôt original mais qui permet surtout de remplir des charriots de bocaux et de les mettre facilement dans le cylindre.
On s’était arrêté au tri dans le voyage de notre châtaignes. Elles sont ensuite cuite et réduite en purée. Elles seront ensuite stockées puis moulinées. On rajoute du sucre et on chauffe à la vapeur pour plus d’onctuosité ! Ah et voici l’empoteuse et la viseuse de capuchon à vapeur !
Dans ce local travaillent 10 salariés en grande saison ( 8 équivalent temps plein) autour de beaux équipements flambants neufs ! Ça a de sacrets avantages d’être entourés de menuisiers et de métallurgistes ! Les machines sont conçues spécialement pour l’activité et le lieu, c’est un formidable atout !
Visite producteur·ices 2026, le 15/08/2026
Elsa, Florian, Jérôme, Luc, Margot, Matthias et Rodolphe.





















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