Visite Productrice : STEPHANIE PIVOT-PAJOT
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STEPHANIE PIVOT-PAJOT – Massieu (38)
Au magasin : MIELS, pollen, propolis, pain d'épices et confitures de petits fruits
Nous arrivons chez Stéphanie, là où sa miellerie est installée, là où elle travaille, seule, depuis sa reconversion en 2012 !

Comme d'habitude, notre hôte nous fait un petit topo sur l'historique de son activité !
Après des études de biologie et un passage à l'étranger, Stéphanie et son mari Christophe (attention spoiler : il s'agit de notre maraîcher des Jardins du Banchet ! Et nous irons lui rendre visite demain ;) ) le couple s'installe dans la région et Christophe se lance en maraîchage.
Au début, pour aider, Stéphanie s’associe avec Christophe en GAEC et en parallèle, elle monte son exploitation d’apiculture et de production et transformation de petits fruits. Elle sortira du GAEC peu de temps après pour se dédier complétement à son activité en 2017, ici, chez elle !
Nous voilà donc devant sa maison, une belle et ancienne bâtisse. Stéphanie nous ouvre les portes de la miellerie, montée dans ce qui était à l'origine une étable. Dès que nous franchissons les portes, nous sommes saisi·es par la bonne odeur de miel et de cire mais aussi et surtout par la fraîcheur ambiante qui contraste tant avec la chaleur écrasante du moment. Aujourd’hui il y fait 20-22° et en hiver c’est plutôt autour de 4°. Mais pas de problème pour le miel tant que la variation est douce. Si l'écart est trop brut, le miel n’aime pas.
Ici, Stéphanie fait tout, elle-même, à la main !
Et comme nous sommes, pour la plupart, des néophytes du monde de l’apiculture et que nous sommes friand·es d'anecdotes et d'explications, nous avons plein de questions ! Stéphanie se prête au jeu et nous fait un petit topo en nous faisant un tour des lieux.
Elle nous montre ses hausses (les cases rectangulaires posées sur la base des ruches) dans lesquelles elle appose les cadres. Ces cadres sont en fait remplis d'alvéoles elles-même remplies de miel et chacune bouchée par les abeilles.
Les abeilles ne stockent du miel que dans les cadres situés au bord, les autres, au centre, sont réservés à la colonie et au couvain. Entre la hausse inférieur et les cadres, Stéphanie installe une grille pour que la Reine ne remonte pas.
Une hausse se remplie en une semaine !
Quand elle veut prélever le miel, Stéphanie enlève les cadres des hausses et désopercule les alvéoles en les grattant à la spatule.
Ce qui tombe des cadres est récupéré dans une sorte d'évier : c'est de la brèche de cire venant des opercules servant à protéger le miel. Stéphanie fait sécher cette brèche puis la gaufre avec un gaufrier. Cela devient de la fameuse cire d’abeille, vendue en plaques en magasin. Stéphanie insère ensuite ces plaques dans ses cadres pour proposer une matrice pré-alvéolée aux abeilles sur laquelle elles pourront construire par dessus leur alvéoles plus facilement. Pendant le séchage, la brèche relâche encore un peu de miel que Stéphanie redonne à ses abeilles.
Une fois les opercules tombées, Stéphanie mets les cadres dans une centrifugeuse. Le miel réceptionné est filtré et coule dans un seau. Stéphanie le met ensuite "en maturation" pendant 15 jours, le temps que les bulles de cire remontent.
Et les ruches ? Autour de chez elle, Stéphanie possède 80 ruches qui lui donnent entre 1,2 tonne et 2 tonnes (cette année, bonne année !). Ses abeilles sont des BlackFast, espèce d'abeilles la plus répandue en apiculture.
On est bouche bée quand Stéphanie nous dit qu’une ruche peut contenir 50 000 abeilles en pleine saison et 20 000 en hiver ! Pourquoi tant d'abeilles en moins ?
"Car les abeilles foutent dehors les mâles l’hiver arrivant !"
Ça c'est du matriarcat !
Et quand l’hiver est rude, Stéphanie leur donne parfois du vieux miel ou du sirop de sucre pour les aider.
En règle générale, 1 abeille vit 4 semaines, peut aller jusqu’à 4 mois en hiver. Alors qu’une Reine vit dans la nature environ 4-5ans ! Dans un élevage intensif, les apiculteur·ices peuvent en changer tous les ans pour booster la ponte. Stéphanie elle change tous les 3 ans.
Stéphanie est passionnée par l’épigénétique (science qui explore comment l’environnement et les facteurs externes influencent l’activité des gènes, sans modifier le code génétique sous-jacent) et cela se ressent, sa passion déteint sur nous !
On est tout ouïe et suspendu·es à ses lèvres quand elle répond à nos questions abondantes à ce sujet !
Elle nous explique par exemple que lorsqu'il faut une nouvelle Reine, les abeilles « nourrices » donnent de la gelée royale pendant 3 jours à quelques larves femelles qu’elles ont préalablement choisies. Et puis au bout de ces 3 jours, les nourrices décident qui va devenir la nouvelle Reine reproductrice. L’heureuse élue va continuer à être nourrie à la gelée royale, grossir et se transformer pour son rôle alors que pour les autres ce sera changement de régime et de destin : elles seront nourries comme les autres au pollen et au miel et deviendront ouvrières.
C’est une science incroyable ! Nous apprenons que les larves naissent en février et qu'ensuite les abeilles changent de rôle tout au long de leur vie : gardiennes, nettoyeuses, butineuses...
Plusieurs questions nous trottent dans la tête et nous les posons à Stéphanie :
Comment savoir quel miel va être fabriqué ? Comment être certain·e que c’est du miel de châtaignier, de printemps, d’acacia, etc. ?
Et oui, c’est aussi une science totalement dingue que de faire du miel : il faut connaître tout le cycle de floraison de la végétation proche, quand les fleurs s’ouvrent et donnent leur nectar. Stéphanie nous explique que la première miellée est celle "du Printemps". Son miel peut être monofloral (tilleul et châtaignier) ou polyfloral comme le Printemps (Verger/Merisier/Pissenlit) et toutes fleurs. Dans la nature, le rayon d’action des abeilles est de maximum 3km mais si les ruches sont proches de la végétation ciblée, elles n’iront pas si loin et y resteront ! Les ruches de Stéphanie sont fixes, donc plus faciles à maitriser, elle ne fait pas d’apiculture de transhumance.
Comment savoir que ce miel est bien bio ? Déjà, il y a des contrôles réguliers. Mais aussi des règles strictes à respecter : ne pas être à côté de champs de colza ou de tournesol, ni à côté de routes. Sur certaines parcelles, Stéphanie pose ses ruches dans un petit coin dans un champ d’éleveur.
Comment récolte-elle le pollen que l'on vend au magasin ? Et c'est encore une fois épatant ! Lorsque les abeilles rentrent à la ruche après avoir butiné, du pollen plein les pattes et plein le dos, elles passent sous une sorte de peigne / brosse qui est placée à l’entrée. Une fois peigné, le pollen tombe dans un petit réceptacle placé sous le seuil. En ce moment et vis-à-vis des températures intenses, Stéphanie a retiré le système pour que les abeilles gardent tout le fruit de leur récolte pour nourrir les larves.
A t-elle des soucis par rapport à des prédateurs ? Oui c'est un gros problème par rapport aux frelons asiatiques beaucoup plus agressifs que les frelons communs, qui tuent parfois quelques abeilles mais ça reste dans l’ordre naturel des choses. Or là, ces frelons cherchent à rentrer dans les ruches et peuvent y faire un véritable carnage alors que nos abeilles européennes ne sont pas armées pour lutter contre. Stéphanie nous apprend qu'elle est « référente frelon » de sa région, elle pose des pièges. Elle sauve les frelons communs qui s’y retrouvent coincés. Quand l’essaim est trop gros, elle appelle des entreprises mandatées.
Un autre parasite qui peut embêter la colonie et l’affaiblir : le varroa, un acarien redoutable et meurtrier pour les abeilles !
Pourquoi le miel cristallise parfois ? Cela est dû à la variation de températures et au taux de sucre (fructose / glucose), aucune conséquences sur le goût ni la qualité !
Pourquoi il y a t-il une date sur le miel ? Il y a une obligation d’apposer une DLUO (Date Limite d’Utilisation Optimale) pour pouvoir commercialiser le miel en magasin mais en vrai, on peut garder le miel des années et des années sans aucun soucis !
Le cahier de notes d'Elsa noirci par toutes ses informations, la petite troupe sort de la maison est se rend dans les vergers de Stéphanie, un peu plus haut.
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un arrosage de survie
C'est grâce à ce verger que Stéphanie nous propose ses fameuses confitures aux petits fruits (surtout la fraise Ciflorette <3 ) et ses coulis de mûre !
Là bas, nous déambulons entres les mûriers, les framboisiers, les fraisiers, les pêchers et... ça saute aux yeux : comme elle nous l’avait dit quand on lui a demandé de venir cet été, son verger n’est pas en bel état.
Sans surprise, l’année a été très compliquée, tout est très sec et tout a manqué cruellement d'eau. Elle nous explique qu’elle arrose son verger de façon très limitée, le moins possible.
Par contre, paradoxalement, cette année a été une année à mûres, elle en récolté plus de 300kg !
On repart impressionné·es par l'organisation incroyable des ruches, ébahi·es par toutes ces nouvelles connaissances et par la passion de Stéphanie !
Visite producteur·ices 2026, le 13/08/2026
Elsa, Florian, Jérôme, Luc, Margot, Matthias et Rodolphe.





















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